Recrutement Doctorat.Gouv.Fr

  • Rennes - 35
  • CDD
  • Doctorat.Gouv.Fr
Publié le 16 septembre 2026

📑 Missions du poste


Établissement : Université Rennes 2 École doctorale : École doctorale Education, Langages, Interactions, Cognition, Clinique, Expertise Laboratoire de recherche : Recherches en Psychopathologie et Psychanalyse Direction de la thèse : Gwenola DRUEL Date limite de candidature : 2026-10-03T00:00:00 Ce projet de recherche doctoral s'inscrit dans le champ de la psychologie, la psychopathologie et la clinique psychanalytique, et, interroge la question du temps à partir de la place qu'il occupe dès les premiers travaux psychanalytiques, notamment dans ses rapports au transfert jusqu'aux enjeux actuels concernant la question du temps dans son rapport à la singularité. Dans l'histoire de la pratique clinique psychanalytique, Freud introduit déjà dans la cure une opération explicite sur le temps. Puis, Lacan a introduit des séances à durée variable, rompant ainsi avec le principe d'une durée fixe de la séance. Il ne s'agit plus de mettre fin à la séance en fonction de l'horloge, mais de marquer, par une parole ou par un geste corporel, un temps d'arrêt, de sorte que la durée de chaque séance ne soit pas équivalente à celle d'une autre. La question centrale de ce projet doctoral sera donc double : d'une part, il s'agira d'interroger pourquoi la séance courte est dite « courte », alors même qu'elle ne l'est pas nécessairement du point de vue de sa durée ; d'autre part, il s'agira d'examiner sur quoi elle se fonde. Autrement dit, dans le déroulement du dire de l'analysant, de quel temps relève la séance ? Et sur quoi l'analyste/le clinicien peut-il s'appuyer pour déterminer que c'est à ce moment-là, et non à un autre, que la séance peut être suspendue ou qu'une intervention peut avoir lieu ? Qu'entendre par « temps du sujet » ? L'intervention du clinicien doit-elle suivre cette temporalité propre au sujet, ou se régler sur le temps qui se déploie dans un mot, une phrase, une séquence de parole, voire dans l'ensemble du discours ? Peut-on penser cette question à partir du temps logique élaboré par Lacan en 1945 dans « Le temps logique et l'assertion de certitude anticipée » - l'instant de voir, le temps pour comprendre et le moment de conclure ? Cette logique peut-elle fournir un point d'appui pour penser le moment de l'intervention dans la pratique clinique ? En quoi la clinique psychanalytique nous enseigne quant à la place, la fonction, les enjeux que revêt aujourd'hui la question du temps ? L'Unité de Recherche RPpsy met à disposition des doctorants un espace dédié à la recherche (postes informatiques, ouvrages consultables sur place et rencontres avec la directrice de thèse). Les doctorant.e.s ont également accès aux ressources proposées par la Bibliothèque Universitaire Centrale de l'université Rennes 2 (Campus de Villejean). Les Bibliothèques de l'Université Rennes 2 mettent également à la disposition des doctorant.e.s des bases de données et plateformes de ressources en ligne pour y consulter articles de revues, livres électroniques et documents multimédias. La ou le doctorant.e pourra assister et/ou proposer une communication lors des séminaires, colloques, journées d'études, mais aussi participer au comité d'organisation des manifestations scientifiques organisées par l'unité de recherche RPpsy. L'Unité de Recherche RPpsy apporte, dans la mesure du possible, une aide financière à la mobilité des doctorant.e.s lorsqu'ils présentent une communication lors d'un colloque national ou international. Au soutien de RPpsy peut s'ajouter une aide financière de l'École Doctorale ELICCE (dispositifs d'aide à la mobilité pour un colloque ou une recherche sur le terrain ou en archives) L'Unité de Recherche RPpsy prend en charge la reproduction de la thèse. Ce projet de thèse interroge la question du temps dans son rapport à la singularité ; question qui revêt, aujourd'hui, toute son importance. Aujourd'hui, en effet, le jugement clinique sur le moment de l'intervention ne s'exerce pas dans un espace indépendant des contraintes institutionnelles. Dans les hôpitaux et d'autres structures de soin, le temps constitue de plus en plus une ressource rare qu'il faut organiser, distribuer et parfois réduire. Les difficultés que connaît actuellement la psychiatrie publique française en offrent une illustration : un rapport du Sénat français publié en 2025 indique qu'environ un tiers des postes de psychiatres hospitaliers sont vacants, tandis que la saturation de certains centres médico-psychologiques (CMP) peut conduire des patients à attendre jusqu'à six mois avant une première consultation psychiatrique [1] . Dans ce contexte, le temps clinique tend lui aussi à être soumis à une organisation institutionnelle : la durée d'un entretien, le nombre de séances, l'intervalle entre deux consultations, voire la durée totale d'un traitement peuvent être déterminés par l'organisation du service, les protocoles thérapeutiques ou les capacités d'accueil. Un paradoxe apparaît alors : le patient peut attendre longtemps avant d'accéder aux soins, tandis qu'une fois entré dans le dispositif, le temps disponible pour l'écouter et le traiter peut être strictement limité. Le temps n'est donc plus seulement une dimension interne au travail clinique ; il devient également une ressource calculée et distribuée par l'institution. Cette évolution rend particulièrement importante la distinction entre temps institutionnel et temporalité du sujet . Le premier est nécessairement, au moins en partie, mesurable, partageable et organisable ; la seconde ne peut être entièrement déterminée à l'avance. Cette distinction permet également de situer la séance courte par rapport aux thérapies brèves contemporaines. Dès lors, quelle place revient alors au transfert ? [1] Sénat, Santé mentale et psychiatrie : pas de « grande cause » sans grands moyens, rapport d'information n° 787 (2024-2025), déposé le 25 juin 2025.

Ces offres pourraient également vous intéresser

Parcourir plus d’offres similaires en Santé